Philosophie
du projet
En notre qualité de membres du comité consultatif
national, nous adhérons aux points de vue et aux principes
ci-après.
- Nous reconnaissons que les enfants du monde entier
ne se développent pas en vase clos et ont besoin de relations
suivies et d'attention pour se sentir en sécurité
et bien dans leur peau, et pour renforcer leur sentiment d'identité.
Nous savons qu'une telle stabilité découle principalement
de la relation initiale d'attachement de l'enfant à sa
mère et à ses autres principaux fournisseurs de
soins. Nous savons également que cette relation a des
répercussions toute la vie durant.
- Nous partons du principe que le Canada a été
colonisé par les Européens et que tous les Canadiens
et Canadiennes d'origine non autochtone descendent de populations
immigrantes. Même si la colonisation a eu un impact indéniable
sur les pratiques d'attachement des Premières nations,
ce projet n'a pas un mandat suffisamment englobant pour s'attaquer
à ces questions. Dans le contexte de l'immigration, nous
avons le devoir de favoriser une compréhension et un
échange réciproques entre les immigrants
récents et les descendants d'immigrants.
- Nous reconnaissons et validons les pratiques d'attachement
parents-enfants des femmes et des familles canadiennes qui proviennent
de différents milieux. Nous portons une attention spéciale
aux pratiques qui se sont révélées essentielles
au développement et à l'attachement des enfants
au cours des cinq premières années de leur existence
et qui favorisent leur plein épanouissement.
- Nous reconnaissons le stress énorme qui accompagne
le fait d'émigrer dans un pays, par choix ou pour assurer
sa survie. Qui plus est, un grand nombre de femmes et de familles
doivent, dès leur arrivée, peiner pour comprendre
leurs nouvelles conditions de vie et s'y adapter. Les habitants
du pays d'adoption doivent eux aussi s'adapter aux immigrants.
Dans les cas où cette adaptation se fait difficilement,
tout un éventail d'attitudes discriminatoires et racistes
peuvent s'ajouter au stress et aux problèmes des parents.
Cette situation se répercute immanquablement sur leurs
relations avec leurs proches, en particulier les nouveau-nés
et les jeunes enfants. Les enfants dont les parents sont épuisés,
stressés ou complètement dépassés
par la nécessité de subvenir aux besoins quotidiens
de leur famille finissent parfois par se sentir inférieurs
et rejetés. Ils risquent aussi de jeter un regard négatif
et désabusé sur le monde et sur eux-mêmes.
Pour les aider à surmonter ces sentiments, il est important
de leur offrir du soutien et de l'empathie.
- Nous reconnaissons que les conflits familiaux, la violence
et les autres traumatismes vécus au cours des cinq premières
années peuvent accentuer le sentiment d'insécurité,
d'anxiété et d'infériorité d'un
enfant. Bien que ce genre de difficultés ne se limite
pas aux femmes et aux familles immigrantes ou réfugiées,
les fournisseurs de services de soutien aux populations immigrantes
doivent y porter une attention spéciale. Ces mères
et ces familles ont le droit de recevoir de l'information exacte
et du soutien en temps opportun.
- Nous reconnaissons que les questions entourant l'éducation
des enfants sont encore perçues comme la responsabilité
quasi exclusive des femmes, et ce, partout dans le monde. Sur
tous les continents, ce travail, souvent accompli en sus d'autres
formes de travail rémunéré ou non, est
sous-évalué et ignoré sur le plan social.
C'est pourquoi nous apprécions et validons les pratiques
qui encouragent le changement des mentalités, le partage
équitable des responsabilités parentales et la
promotion de la condition féminine.
- Nous croyons qu'en tant que fournisseurs de services,
nous avons un rôle primordial à jouer en vue de
valider et de soutenir la capacité des communautés
à élever des enfants en santé qui deviendront
des citoyens productifs. Nous n'y arriverons qu'en créant
un climat d'apprentissage et de respect mutuels entre les personnes
qui dispensent les services et celles qui en bénéficient.
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